Une vie accompagnée par le Go
Je m’appelle Camille Berthon, professeur et coach de Go.
J’ai découvert le jeu de Go en 2007, puis j’ai commencé à m’y investir sérieusement à partir de 2010. Depuis, ce jeu n’a jamais vraiment quitté ma vie. J’ai commencé à l’enseigner en 2012, d’abord naturellement, parce que j’ai toujours aimé transmettre des connaissances, puis de manière de plus en plus structurée au fil des années.
Aujourd’hui, je suis 3e dan FFG, et j’accompagne des joueurs de tous niveaux, du débutant jusqu’aux joueurs qui souhaitent viser le 1er dan.
Mon parcours s’est construit à travers la pratique, les rencontres et l’enseignement. J’ai notamment eu la chance de prendre des cours privés avec Fan Hui et de faire partie de son académie. J’ai aussi été membre du club de Go de Lyon de 2013 à 2022, une période importante dans ma progression et dans ma manière de penser le jeu.
Mais au-delà du niveau ou du parcours, ce qui m’intéresse profondément, c’est la manière dont un joueur progresse réellement.
Ma vision du Go
Pour moi, progresser au Go ne consiste pas à accumuler des séquences, des joseki ou des réponses toutes faites. Le Go est un jeu que l’on comprend souvent en faisant.
Il faut jouer, se tromper, revoir ses parties, puis recommencer avec un regard un peu plus clair. C’est une progression par expérience, pas seulement par théorie.
Je crois beaucoup à une progression simple et solide. Il ne s’agit pas de brûler les étapes, mais d’atteindre la prochaine marche. Un joueur n’a pas besoin de tout comprendre immédiatement. Il a surtout besoin de savoir ce qui bloque maintenant, ce qu’il doit corriger en priorité, et dans quelle direction avancer.
Mais je vois aussi le Go comme une aventure.
Une partie n’est pas seulement un exercice à réussir ou à rater. C’est un chemin dans lequel on avance pierre après pierre, avec ses intuitions, ses doutes et ses découvertes. On trébuche parfois. On joue trop vite, on se trompe de direction, on défend trop tard. Mais ce n’est pas un échec stérile : c’est précisément ce qui donne de la matière à la progression.
Cette attitude est essentielle pour moi : ne pas avoir peur de se tromper.
Chaque partie, même imparfaite, peut apprendre quelque chose. C’est ce rapport au jeu qui rend la progression belle : on ne cherche pas seulement à éviter les erreurs, on apprend à les transformer en compréhension.
C’est souvent là que mon rôle intervient.
Dans une partie ou dans la progression d’un élève, j’essaie de repérer rapidement le point névralgique : le blocage principal, l’habitude qui risque de freiner la suite. Parfois, ce n’est pas une erreur spectaculaire. C’est une manière de penser, une peur de jouer simple, ou une difficulté à accepter les compromis.
Mon objectif n’est pas de tout corriger d’un coup. Mon objectif est de trouver ce qui, une fois compris, peut vraiment débloquer la suite.
Donner envie de placer des pierres
Avant même de parler de performance, de niveau ou de résultat, ma mission principale est simple : donner envie de jouer.
Donner envie de poser des pierres sur un goban. Donner envie d’essayer des idées, de revenir sur ses parties, de découvrir une forme, de résoudre un problème, puis de rejouer avec un peu plus de clarté.
Je pense que beaucoup de choses viennent naturellement quand cette envie est là. Un joueur motivé, curieux et actif progresse mieux qu’un joueur crispé par la peur de mal faire.
Le Go demande de la rigueur, mais il ne devrait pas devenir une activité tendue. On progresse mieux quand on accepte d’explorer. Une mauvaise partie peut devenir une excellente partie d’apprentissage. Une erreur peut devenir un repère. Une défaite peut révéler ce qu’on n’arrivait pas encore à voir.
C’est aussi pour cela que j’accorde beaucoup d’importance à la clarté. Le Go peut sembler immense, parfois intimidant. Mon travail consiste à rendre cette complexité plus lisible, sans la réduire à des recettes artificielles.
Une approche individualisée
Je ne propose pas une méthode unique que j’applique de la même manière à tous les élèves.
Mon accompagnement repose d’abord sur l’adaptation. J’essaie de comprendre le joueur en face de moi : son niveau, son rapport au jeu, ses ambitions, ses habitudes et ses blocages. Ensuite, je construis le cours autour de ce qui lui sera réellement utile.
Aujourd’hui, je propose principalement des cours individuels.
Ces cours s’appuient surtout sur l’analyse de parties, les explications ciblées, les vidéos de review, les fiches de synthèse, et un suivi par Discord pendant la période de cours. L’élève peut aussi me poser des questions entre les séances, notamment avec des diagrammes à l’appui.
Une grande partie de mon travail consiste à aider l’élève à devenir plus autocritique, dans le bon sens du terme. Il ne s’agit pas de se juger durement, mais d’apprendre à observer son jeu avec précision.
Pourquoi ai-je perdu cette partie ? Qu’est-ce qui s’est répété ? À quel moment ai-je perdu le fil ? Qu’est-ce que je dois travailler maintenant ?
Quand un joueur commence à mieux répondre à ces questions, il devient plus autonome. Et c’est souvent là que la progression devient plus saine.
Analyse de parties et construction mentale
Mon enseignement repose beaucoup sur l’analyse de parties, mais pas seulement pour dire “ce coup est mauvais” ou “ce coup est meilleur”.
Ce qui m’intéresse, c’est de reconstruire le raisonnement du joueur.
Un mauvais coup n’est pas seulement un mauvais coup. C’est souvent la trace d’une mauvaise priorité, d’une peur, d’un automatisme ou d’une lecture incomplète. En comprenant pourquoi ce coup a été joué, on peut travailler bien plus profondément que si l’on se contente de donner la bonne réponse.
J’accorde aussi beaucoup d’importance à la construction mentale.
Au Go, il faut être pleinement dans la partie, mais il faut aussi apprendre à garder une petite distance. J’aime souvent parler de cette idée : être à la fois le joueur et l’observateur.
Le joueur vit la partie. Il calcule, il ressent la pression, il choisit une direction, il accepte le combat.
L’observateur, lui, prend un léger recul. Il regarde ce qui est en train de se passer. Il remarque la peur, la précipitation, l’envie de sauver une pierre inutile, ou le moment où l’on commence à perdre le fil.
Cette distance ne sert pas à jouer froidement ou mécaniquement. Au contraire, elle permet de se détacher juste ce qu’il faut pour pouvoir jouer pleinement son jeu. Ne pas être avalé par l’émotion de la partie. Ne pas subir chaque erreur comme une catastrophe.
Apprendre à être joueur et observateur à la fois, c’est apprendre à rester lucide sans perdre l’engagement.
C’est une compétence essentielle pour progresser durablement.
Le Go est un jeu stratégique, mais c’est aussi un jeu d’attitude. La manière dont on pense influence directement la manière dont on joue.
Tsumego et méthode de résolution
J’ai aussi un intérêt particulier pour les tsumego.
Pas seulement comme exercices de calcul, mais comme outil pédagogique. Beaucoup de joueurs font des tsumego sans vraie méthode : ils regardent, devinent, essaient un coup, puis vérifient la réponse. Cette manière de faire peut être utile au début, mais elle atteint vite ses limites.
J’aime expliquer comment résoudre un problème. Il ne s’agit pas seulement de trouver le bon coup, mais de comprendre comment chercher : repérer les coups candidats, lire les réponses importantes, et éviter de sauter trop vite à une conclusion.
Les tsumego ne servent pas seulement à “calculer plus loin”. Ils apprennent à penser plus proprement.
Ils apprennent aussi à accepter l’effort. On ne trouve pas toujours immédiatement. On peut se tromper, revenir en arrière, relire une variation. Là encore, l’erreur n’est pas un problème : elle fait partie du chemin.
L’IA dans l’apprentissage
J’utilise l’IA, notamment les outils modernes d’analyse, de manière quotidienne dans mon propre travail. Mais je ne l’utilise pas directement comme base principale de cours.
Je suis même souvent prudent avec son usage chez les élèves.
Avant un certain niveau, l’IA peut donner beaucoup de réponses sans donner suffisamment de compréhension. Elle peut montrer qu’un coup est meilleur, mais pas toujours expliquer clairement pourquoi ce coup est adapté à l’élève, à son niveau ou à son étape de progression.
Je conseille donc généralement aux joueurs de ne pas utiliser l’IA seuls trop tôt, ou alors de faire vérifier et discuter ce qu’ils pensent avoir compris avec un professeur.
L’IA peut être un outil puissant. Mais mal utilisée, elle peut aussi brouiller les priorités.
Elle peut donner envie de chercher le meilleur coup avant même d’avoir compris le bon problème.
Mon rapport personnel au Go
Le Go est aussi, pour moi, une manière de rester connecté à la culture asiatique, que j’ai toujours beaucoup aimée. C’est un jeu ancien, sobre, profond, et pourtant incroyablement vivant.
J’aime sa capacité à repousser les limites : calcul, stratégie, intuition, patience, concentration, flow. Une partie peut être très calme en apparence, tout en demandant une intensité mentale immense.
J’aime aussi le fait que le Go soit un jeu propice au partage. On peut discuter d’une partie pendant des heures, comparer deux idées, revoir une position, apprendre d’un joueur plus fort ou aider un joueur moins avancé. Parfois, on peut même partager quelque chose autour d’un goban sans parler la même langue.
C’est une des grandes forces du jeu : il crée un espace commun.
Pour moi, cette dimension d’aventure est centrale. Le Go n’est pas seulement une montagne à gravir pour obtenir un niveau. C’est un territoire à explorer. Chaque joueur y avance avec son rythme, ses questions, ses blocages et ses moments de clarté.
YouTube et transmission
En parallèle des cours, je publie aussi du contenu pédagogique sur YouTube autour du jeu de Go.
J’ai toujours aimé créer des vidéos avec l’objectif de rendre le jeu plus accessible, plus compréhensible et plus vivant. J’essaie souvent de simplifier au maximum la manière d’aborder une idée, un concept ou une position.
Mais il m’arrive aussi d’aller dans l’autre direction : produire des vidéos beaucoup plus techniques, très denses, pour les joueurs qui veulent vraiment creuser.
Dans les deux cas, l’objectif reste le même : transmettre quelque chose d’utile, et donner envie de regarder le goban avec plus d’attention.
Un projet de vie
En 2025, j’ai créé mon entreprise avec un objectif clair : construire une activité professionnelle autour de l’enseignement du Go, et avancer vers la possibilité de vivre de cette passion.
Ce projet est encore en construction, mais il est au centre de mon travail aujourd’hui.
Enseigner le Go n’est pas simplement une activité annexe pour moi. C’est une direction que je poursuis sérieusement, avec l’envie d’accompagner des joueurs sur la durée, de créer des ressources utiles, et de contribuer à mon échelle au développement du Go francophone.
À qui s’adresse mon accompagnement ?
Mes cours s’adressent aux joueurs qui veulent progresser avec sérieux, sans chercher une progression artificielle ou spectaculaire.
J’accompagne aussi bien les débutants que les joueurs plus avancés, jusqu’à ceux qui souhaitent viser le 1er dan. Mais il y a une condition importante : il faut jouer.
Un joueur qui ne peut pas jouer régulièrement aura du mal à tirer pleinement profit d’un accompagnement. Pour progresser au Go, il faut de la matière : des parties, des erreurs, des questions, des positions à revoir.
J’apprécie particulièrement les élèves qui prennent le temps de réfléchir à leurs questions. Ceux qui reviennent avec une position précise, ou qui sentent qu’un point les bloque depuis quelque temps et veulent vraiment comprendre ce qui se passe.
Mais j’aide tous les profils, à partir du moment où l’envie de progresser est réelle.
Ce que je veux apporter
Mon objectif n’est pas seulement de vous montrer de meilleurs coups.
Je veux vous aider à mieux comprendre votre propre jeu.
Cela signifie repérer vos blocages, clarifier vos décisions, construire une progression adaptée à votre niveau et apprendre à transformer vos erreurs en matière de travail.
Je veux aussi vous aider à devenir à la fois acteur de vos parties et observateur de votre progression : jouer pleinement, tout en gardant assez de recul pour comprendre ce qui se passe.
Le Go est un jeu immense. On ne le maîtrise pas en quelques cours. Mais on peut apprendre à l’aborder avec plus de clarté, plus de méthode et plus de plaisir.
Et souvent, c’est exactement ce dont un joueur a besoin pour franchir la prochaine marche.